[On refait le match] 7 août 09, Clohars-Carnoët : l'été indien en Bretagne sud
par abFab, samedi 15 août 2009 à 20:30 | Evènement | #22 | rss
Réveil à Guerlesquin, dans le gite d'étape. L'ursidé qui dirige la galère grogne que j'ai passé la nuit à ronfler comme un sonneur. Après un concert des Ramoneurs cela n'aurait rien d'étonnant, mais personnellement j'ai rien entendu. Surement un effet secondaire de l'Imaginaire Arthurien. Quoiqu'il en soit, nous rejoignons la galère, direction la Breizh du Sud.
En passant par Moncontour, "Petite cité de caractère"... laissez-moi deviner, le caractère c'est lunatique ? Un coup ça monte, un coup ça descend.
Arrivée à Clohars-Carnoët (ville jumelée avec Gaillac), ou plus exactement au Pouldu (que dans les milieux nocturnes bretons on surnomme "la petite gauguine") (celle-là j'ai un peu hésité à la faire), où la vue est tout de même magnifique.
La scène est posée en plein air, face à la mer. Le stand LaDistro est installé entre celui des Ramoneurs (avec une chouette série de t-shirt pour gosses qui partent comme des petits pains ; le fils de punk c'est le créneau porteur du moment), et celui de l'AISIA (Association d'Information et de Soutien aux Indiens d'Amériques), à l'origine de la compilation de soutien à Leonard Peltier, "In the spirit of total resistance", avec que du beau linge (Blackfire, Oi Polloi, Fermin Munguruza, Ethnopaire, les Ramoneurs...). La soirée avance et les Blackfire entrent en scène.
Blackfire est un groupe Navajo emblématique de la cause amérindienne. Composé de deux frères Banelly, Klee et Clayson, et de leur soeur Jenada, le groupe balance des textes engagés, antisexiste, anti-homophobes, et pour le respect des cultures. Ce qui est plutôt raccord avec la ligne éditoriale des Ramoneurs de menhirs. Leur tournée commune à travers la Bretagne prend tout sens dans le double message véhiculé par les deux groupes, à la fois politique et social de manière générale, et d'affirmation d'une identité culturelle profonde mais ouverte et non discriminatoire. Chaque groupe baignant dans une mystique plus ou moins forte, centrée sur la nature, cela ajoute clairement de l'intensité à l'évènement, y compris pour ceux qui se sentent assez loin des trips chamaniques.
Le set des Blackfire commence par le chant du père Benally, rejoint par sa progéniture.
Le groupe entame alors son set par un autre chant traditionnel et une explication sur leur message -traduite par Fabien. Ces préliminaires terminés, les Blackfire sortent le gros son. Ce qui frappe en premier c'est la voix du chanteur, claire et profonde, du genre qui n'appelle pas vraiment la controverse. Puis le regard se pose sur la bassiste, éblouissante, rayonnante. Enceinte jusqu'aux yeux, elle danse, virevolte, illumine le public, l'hypnotise. Quant à la musique, elle est ultra carrée, du grunge
(okay c'est du grunge, à la soundgarden, pearl jam,etc) matinée de passage trad indiens. C'est un peu mou sur cd, mais sur scène ça le fait carrément, c'est limite impressionnant.
S'ensuivent les Ramoneurs, pour un set bien péchu, et un final finalement très Béru (même la makhnovtschina, c'est celle des Béru, celle que rien n'arrêtera dans la toundra). Les Navajos reviendront sur scène (notamment) pour un "if the kids" exceptionnel. Je vous le livre brut de décoffrage (ça tangue un peu, j'ai le bras qui fatigue).
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